Quand l'empire Romain disparaît lors des Grandes Invasions,
la religion s'impose comme l'un des derniers représentants
des valeurs de la civilisation. Pour l'art du vin, il en fut
de même.
La chute de l'empire romain n'entraîne pas la disparition
totale de la viticulture. En effet l'approvisionnement en
vin est indispensable au rituel chrétien. Ainsi les
évêques et les communautés religieuses
de Bourgogne prennent alors en charge la culture de la vigne.
A l'aube du Moyen Âge, de nombreuses donations viennent
augmenter le patrimoine viticole des religieux :
- au début du VIIe siècle, l'abbaye
de Bèze reçoit à Gevrey, le futur "
Clos de Bèze ".
- en 775, Charlemagne remet ses vignobles d'Aloxe-Corton
à la collégiale Saint-Andoche de Saulieu.
Le christianisme est donc un facteur essentiel de la propagation
de la vigne en France épiscopale et monastique.
Par ailleurs, le vin est utilisé à des fins
diplomatiques afin d'honorer les grands personnages et constitue
aussi un élément de force économique.
Mais c'est avec la naissance des grands ordres monastiques
au Moyen Âge, que la culture de la vigne en Bourgogne
connaît un essor considérable.
Capitale des vins de Bourgogne, Beaune
s'est développée grâce au vin. D'ailleurs,
au Moyen Âge, on disait " vin de Beaune "
pour les vins provenant de la Côte
D'Or.
909 : Fondation de l'abbaye de Cluny par le duc d'Aquitaine,
Guillaume le Pieux. Son indépendance à l'égard
des seigneurs et des évêques et ses liens directs
avec la Papauté lui assurent un grand pouvoir. Et l'abbaye
a un certain rayonnement dans le domaine viticole.
Ainsi en Bourgogne, l'histoire de la vigne et du vin est
indissociable de l'histoire religieuse.