Au XVIe siècle : Le duché n'échappe
pas aux déchirements et les guerres de Religion dévastent
le pays.
Début XVIIe siècle : riches bourgeois
ou parlementaires commencent à acheter des domaines
viticoles, prenant le pas sur les propriétés
monastiques. Les prémices de l'effritement des domaines
ecclésiastiques apparaissent alors. En voici quelques
exemples :
- 1631 : l'abbaye de Saint-Vivant cède ses
vignes fines de Vosne Romanée
- 1660 : Cîteaux se sépare de ses terres
en Corton.
En effet, les parlementaires dijonnais comme leurs confrères
bordelais, commencent à s'intéresser aux vignobles
prestigieux situés à proximité de Dijon.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles : les Condé
se succèdent comme gouverneurs de la province de Bourgogne.
Avec Louis XIII et la victoire contre l'Espagne, les vins
de Bourgogne retrouvent leur réputation. Le roi et
la reine Anne d'Autriche apprécient le Bourgogne rouge
auquel on attribue la naissance de Louis XIV le " Désiré
". Le goût privilégie alors les vins "
il de perdrix ", les Volnay
et Pommard. Le Bourgogne
retrouve sa première place sur les tables de qualité.
1668 : Gouverneur du duché de Bourgogne, le
" Grand Condé ", après avoir pris
la tête de la Fronde, conquiert la Franche-Comté
pour Louis XIV. La frontière du royaume est repoussée
vers l'Est, assurant désormais paix et prospérité
au vignoble bourguignon.
1711-1712 : Héritier de la monarchie espagnole
et donc de l'héritage bourguignon, Louis XIV donne
le titre de duc de Bourgogne à son petit-fils, Louis,
éphémère second Dauphin, père
du futur Louis XV.
Puis Louis XV et Louis XVI font du Bourgogne le vin de Cour.
L'aristocratie et la riche bourgeoisie les imitent. Le vignoble
bourguignon connaît une nouvelle jeunesse. C'est à
cette époque que la famille Bouchard s'installe en
Bourgogne pour fonder une maison de vins qui deviendra l'une
des plus anciennes de la région.
Début XVIIIe siècle : Naissance du négoce
viticole. Ceci entraîne l'implantation dans le vignoble
d'une nouvelle catégorie de personnes enrichies par
le commerce, les négociants en vins. À l'inverse
des négociants bordelais qui n'assurent le plus souvent
que la commercialisation des vins, les négociants beaunois
se consacrent aussi à la culture de la vigne et à
l'élaboration des vins.
Les Grandes Maisons de vins de Bourgogne sont aux mains d'habiles
hommes d'affaires qui savent se constituer des domaines. Ces
maisons, telles que Bouchard Père & Fils, sont
propriétaires de vignes et étendent leurs domaines
tout au long du XIXe siècle. La politique d'achat de
la Maison Bouchard Père & Fils suit d'ailleurs
une ligne directrice très stricte : l'achat systématique
des meilleures parcelles de vignes sises aux meilleurs emplacements.
1787 : Un voyageur de marque, Thomas Jefferson, futur
président des États-Unis, vante les mérites
du Montrachet et du Chambertin.
La Révolution modifie définitivement et considérablement
la structure du vignoble lorsque les biens de l'Église
sont confisqués et dispersés.
En 1789, le moyen de résoudre la crise financière
en France est initié par Talleyrand, évêque
d'Autun. Selon lui, il suffit de reprendre à l'ordre
du clergé les biens dont ils jouissent pour rembourser
la dette de l'État.
1790-1791 : alors que l'abbaye de Cluny ne compte
plus qu'une quarantaine de moines et que le prestige de Cîteaux
s'est considérablement étiolé, les ordres
monastiques sont supprimés et leurs biens réquisitionnés.
Ainsi, les domaines clunisiens et cisterciens, mais aussi
ceux de l'abbaye de Maizières, des Chartreux, des Carmélites
de Beaune sont mis en vente.
Favorisée par la vente des Biens Nationaux, la bourgeoisie
de l'Ancien Régime, dont les grandes maisons de vins
font partie, se replie sur la terre et préfère
changer les assignats et autres mandats territoriaux en terres.
L'exemple des bourguignons n'est pas isolé car les
bordelais aussi acquièrent des vignobles à la
suite des événements révolutionnaires.