Le millésime 1999 en Côte d'Or
Bilan climatologique de l'année
Les caractéristiques générales
Une année un peu plus chaude que la normale avec
des températures moyennes supérieures de 2 à
3°C (à l'exception du mois de juin).
Un ensoleillement toutefois un peu plus faible que la normale avec deux exceptions : le mois de janvier et la période du 20 août au 15 septembre, qui ont été beaucoup plus ensoleillés que la normale.
Une année un peu plus humide que la normale (sauf au mois d'août).
Une fin d'été particulièrement favorable à la vigne
et à la maturation des raisins.
Une année végétative caractérisée
par une alternance importante de périodes de pluies
et de périodes douces ou chaudes, ce qui a engendré
un risque important de développement de mildiou, que
notre équipe viticole a parfaitement réussi
à juguler.
Déroulement de l'année climatique
1998 s'achève avec des mois de novembre et décembre relativement
froids. Par contre, janvier et février sont doux avec
des températures supérieures de 2°C à
3°C aux normales saisonnières.
Les premiers signes de reprise de la végétation se manifestent
alors assez tôt, dès le 10 mars. Puis un rafraîchissement
durant la deuxième quinzaine de mars ralentit cette
évolution. Fin mars, les bourgeons commencent à
gonfler, on observe alors les premières pointes vertes
dans les premiers jours d'avril.
Puis se succèdent des périodes douces et des périodes
fraîches, voire très fraîches (gel les
16 et 17 avril), avec une pluviométrie assez forte
jusqu'à fin mai. Le beau temps arrive alors, permettant
à la vigne de pousser très rapidement et entraînant
une floraison relativement précoce, dès les
tout premiers jours de juin. A partir du 10 juin, le temps
se dégrade et les températures se rafraîchissent.
Le mois de juillet est chaud, mais avec un ensoleillement
moyen et des orages. A partir du 20 juillet, on note le début
de la véraison. La première décade d'août
est chaude, entrecoupée de quelques orages, puis la
seconde plus fraîche.
Le beau temps, sec et chaud, revient à partir du 20 août, accélérant
ainsi le processus de maturation. Les deux premières
semaines de septembre, particulièrement chaudes (températures
moyennes journalières comprises entre 19° et 24°C)
permettent ensuite aux raisins de parfaire leur maturité.
Ce temps exceptionnel est juste entrecoupé de quelques
pluies le 6 septembre, qui arrivent à point pour quelques
vignes qui commencent à souffrir de la sécheresse.
Il est important de souligner que c'est justement cette première quinzaine de septembre qui a donné à la récolte 1999 son excellente qualité, en permettant une maturité tout à fait exceptionnelle.
Les vendanges
A la veille des vendanges, l'état sanitaire de nos
vignes et des raisins est exceptionnel. La récolte
est à la fois abondante et de grande qualité
(rappelant les millésimes 1990, 1964 et 1959). Les
grappes sont exceptionnellement saines, sans aucune attaque
de pourriture, les richesses en sucre élevées
et l'acidité satisfaisante.
Nous débutons les vendanges, le jour même du
ban, à savoir, le 15 septembre en Côte
de Beaune, par temps sec, avec des températures
en forte baisse (16°C en moyenne) par rapport à
celles des jours précédents, qui avaient été
caniculaires. Le temps reste relativement beau, avec toutefois
une journée de pluie le 19 septembre. A partir du 24
septembre, les pluies s'intensifient. Toutefois, il est important
de noter, qu'à cette date, la quasi-totalité
de la récolte de nos domaines est déjà
rentrée à notre cuverie.
Comme les années précédentes, nous
avons récolté tous nos grands crus et premiers
crus, tant en blanc qu'en rouge, dans de petites caissettes
afin d'éviter tout tassement et/ou éclatement
des baies. Nous accordons en effet la plus grande importance
à l'état des raisins au stade préfermentaire.
Les vinifications et l'élevage
Les grands vins rouges
A l'arrivée à notre cuverie, les pinots noirs ont été
systématiquement triés pour éliminer
quelques verjus et quelques feuilles. Après l'égrappage,
les raisins ont été mis en petites cuves thermorégulées
où s'est déroulée la fermentation alcoolique.
Pendant toute la durée des cuvaisons, nous avons donné
la priorité à des remontages plutôt qu'à
des pigeages afin de libérer le meilleur de la couleur
et surtout pour permettre l'extraction de tannins plus élaborés.
Nous avons procédé à des cuvaisons assez
longues (2 à 3 semaines) qui ont permis aux raisins
de libérer tout leur potentiel.
A l'issue des décuvages et du débourbage statique, les vins ont
été logés en fûts de chêne
provenant de l'Allier, du Tronçais et de la Nièvre,
où nous avons procédé à leur élevage.
Les grands vins blancs
La plupart de nos blancs ont été vinifiés dans notre cuverie
de Meursault, qui est particulièrement bien équipée
pour la vinification des chardonnays. Après un passage
systématique sur une table de tri, qui a permis de
retirer quelques verjus et quelques feuilles, ils ont été
pressurés avec le souci constant de sélectionner
les jus. Après un débourbage statique, les jus
ont été logés en fûts de chêne
où s'est déroulée la fermentation alcoolique
puis la fermentation malolactique.
Les vins à l'heure actuelle
A l'heure actuelle, les vins rouges présentent de superbes couleurs, très profondes et très vives. Les nez sont très développés, marqués par des arômes de fruits rouges et noirs (framboise, myrtille, cerise, mûre). Ce sont des vins longs et d'un grand équilibre. Leurs tannins sont présents mais fondus dans une matière riche et puissante.
Les vins blancs offrent des nez très développés et d'une grande pureté, avec des arômes multiples et variés, allant des agrumes à des notes plus sucrées (pêche, abricot). Ce sont des vins d'un très bel équilibre, d'une grande droiture et avec beaucoup de ressort. Notre choix de vendanger tôt, dès le ban, porte aujourd'hui ses fruits : nous avons pu récolter, avant les pluies, des raisins dans un parfait état sanitaire et avec une bonne acidité.
Novembre 2003